Enquêter sur l’intégrité de scientifiques n’a rien de « nauséabond »

Sollicité par un membre de l’association à propos d’une lettre ouverte publiée récemment, le bureau de l’AJSPI a adopté le communiqué suivant.

 

Les journalistes scientifiques ont pour mission de faire part au public des avancées scientifiques, mais aussi de rendre compte de la manière dont la science est produite. Et lorsque la situation l’impose, l’AJSPI estime normal et même indispensable que les journalistes scientifiques enquêtent sur des cas potentiels de méconduites scientifiques.

C’est pourquoi l’AJSPI regrette les attaques portées via une lettre ouverte signée par plus de 500 scientifiques à l’encontre d’un journaliste scientifique du Monde, qui rendait compte d’une controverse provoquée par des accusations de méconduite scientifique au CNRS. Nous ne méconnaissons pas l’étendue du spectre qui va de la négligence bénigne à la fraude ou au plagiat avérés, et savons que pour les mis en cause, ces discussions peuvent être douloureuses. Par ailleurs, chacun a le droit de critiquer publiquement un article de presse et de témoigner sa solidarité à des collègues qu’il juge injustement mis en cause.

Mais nous défendons le débat d’idées, point par point, et fait contre fait. Contrairement à ce que l’on peut lire dans cette lettre ouverte, il n’y a pas de « climat de chasse aux sorcières » ni de « dérives détestables », de la part des journalistes scientifiques. Enquêter sur l’intégrité de scientifiques, y compris haut placés, n’a rien de « nauséabond ».

Tout comme les signataires de cette lettre ouverte, nous aimons la science « transparente, exaltante, qui fait avancer la connaissance grâce au génie humain ». La transparence et l’exigence d’une recherche irréprochable sont indispensables pour restaurer une confiance dans la science que chacun s’accorde à trouver entamée. Attaquer les journalistes qui posent des questions embarrassantes ne peut qu’ébranler encore plus cette confiance et alimenter le soupçon d’entre-soi.