L'IRD célèbre l'année internationale pour les récifs coralliens

2018 a été déclarée troisième année internationale pour les récifs coralliens. A cette occasion, l’IRD se mobilise et propose au public de découvrir les recherches conduites en partenariat sur cette thématique prioritaire, lors d’événements organisés cette année en France métropolitaine et dans l’Outre-mer. Découvrez également l’ensemble des ressources disponibles – films, photos, ouvrage, exposition, actualités scientifiques – sur l’espace dédié www.ird.fr/recifs-coralliens 

Les récifs coralliens constituent de véritables oasis de vie au milieu des océans. Ils ne couvrent que 0,2 % de la surface des mers mais abritent pourtant plus de 25 % de la biodiversité marine mondiale, soit près de 60 000 espèces décrites à ce jour. Ecosystèmes parmi les plus diversifiés de la planète, ils font vivre directement ou indirectement 500 millions de personnes, dont 40 millions de pêcheurs.

Les récifs coralliens subissent les impacts des activités humaines (introduction d’espèces invasives, pollutions, pêche) auxquelles s’ajoutent ceux du changement climatique (réchauffement et acidification de l’océan). Aujourd’hui, 20 % des récifs coralliens ont disparu et 25 % sont en grand danger.

2018 : année internationale pour les récifs coralliens

Il y a donc urgence à protéger ces écosystèmes marins, comme le souligne le 14e Objectif de développement durable (ODD), "Conserver et exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources marines aux fins du développement durable", adopté par les Nations Unies en septembre 2015.

C’est dans ce contexte que l’Initiative internationale pour les récifs coralliens (ICRI) a déclaré 2018 « troisième année internationale pour les récifs coralliens ». De nombreuses actions sont proposées tout au long de l’année, afin de renforcer la sensibilisation à l’échelle mondiale et promouvoir les partenariats entre acteurs (décideurs, entreprises, scientifiques, société civile) pour améliorer la gestion, la protection et la conservation des récifs coralliens.

Le saviez-vous?

Organismes étonnants, les coraux bâtisseurs de récifs associent trois règnes de la nature : animal, végétal et minéral. Le polype corallien est un animal qui vit en symbiose avec des végétaux (algues microscopiques). Celles-ci apportent jusqu’à 90 % de l’énergie au corail grâce à la photosynthèse qui produit sucres et oxygène, indispensables à leur croissance. Les polypes se nourrissent aussi de plancton grâce à leurs tentacules, vivent généralement en colonie et fabriquent un squelette calcaire minéral qui forme les récifs. Parallèlement, le corail apporte aux algues des éléments nutritifs et du CO2, nécessaire à la photosynthèse. Pour en savoir plus : découvrez l’exposition " Voyage au cœur des récifs coralliens", réalisée par l’IRD.

Priorité scientifique de l’IRD

L’étude des récifs coralliens est une priorité scientifique de l’IRD. Elle mobilise des chercheurs de différentes disciplines - biologie, écologie, génétique, chimie, géochimie, biogéochimie, télédétection, paléoclimatologie, anthropologie, géographie … - en France métropolitaine, dans l’Outre-mer français, dans les pays des océans Pacifique et Indien. Les recherches se concentrent sur plusieurs axes :

  • L’étude du fonctionnement des écosystèmes marins et insulaires tropicaux et leur évolution face aux forçages naturels et anthropiques à différentes échelles (spatiales et temporelles).
  • L’analyse des processus évolutifs qui génèrent l’extraordinaire biodiversité marine tropicale.
  • Le suivi des risques qui pèsent sur cette biodiversité, afin de proposer des stratégies de conservation, de valorisation et de gestion durable.
  • L’observation de l’Homme et des structures sociales dans ces écosystèmes, notamment les représentations sociétales associées aux récifs coralliens et la quantification des usages des ressources marines tropicales par les sociétés.

Parmi les nombreux programmes de recherche conduits par l’IRD et ses partenaires :

  • BLANCO, POST-BLANCO et SURBLANCO : suivi de l’épisode de blanchissement corallien en Nouvelle-Calédonie.
  • OREANET (Oceania REgional Acanthaster NETwork) : création d’un réseau régional de surveillance du risque de prolifération acanthaster - étoile de mer mangeuse de corail - dans la région Pacifique.
  • CARiOCA (CorAl Reef acclimatization to OCean Acidification at CO2 seeps) : étude de l’acclimatation des coraux à l’acidification des océans (Nouvelle-Calédonie et Papouasie-Nouvelle-Guinée).
  • RESO-ECORAIL : description de la représentation sociale des écosystèmes marins côtiers, en particulier les récifs coralliens, dans quatre régions françaises (analyse de l’impact des campagnes de sensibilisation à l’environnement marin et à sa vulnérabilité).
  • ESPAM  : étude des représentations des espèces marines emblématiques par les populations et de leur place dans l’acceptation sociales des AMP.
  • CARBODISS et CLIM-EPARSES : étude des impacts du changement climatique (réchauffement et acidification) et des activités humaines sur les coraux et les bioéroseurs (principaux acteurs du maintien des récifs coralliens), dans le Canal du Mozambique (Kenya, Mayotte, La Réunion, Iles Eparses), dans l’Ouest de l’Océan Indien.

IYOR 2018 : temps forts de l’IRD

L’IRD et ses partenaires proposent au public de découvrir les recherches conduites sur les récifs coralliens, grâce à des événements organisés tout au long de l’année, en France métropolitaine et dans les Outre-mer. Notamment :

  • Fête de l'océan à Paris : 9 et 10 juin 2018 / Aquarium tropical de la Porte Dorée
  • Exposition "Voyage au coeur des récifs coralliens" : du 2 juin au 2 septembre 2018 à l'Aquarium tropical de la Porte Dorée

Retrouvez tous les événements : http://www.ird.fr/la-mediatheque/dossiers-thematiques/les-recifs-coralliens-a-l-honneur 

Nombreuses ressources disponibles

Un ouvrage à paraître – juillet : " Nouvelle-Calédonie, archipel de corail", coédité par l’IRD et les éditions Solaris, sous la direction de Claude Payri, directrice du laboratoire Ecologie marine tropicale des océans Pacifique et Indien (ENTROPIE).

Avec 40 000 km2 de récifs et de lagons et plus de 15 000 espèces, la Nouvelle-Calédonie abrite la deuxième plus grande barrière corallienne du monde. À l’heure où les récifs coralliens figurent parmi les écosystèmes les plus menacés de la planète, il est impératif de préserver cet héritage environnemental exceptionnel et culturel, inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco.

Associant des chercheurs de diverses disciplines (sciences de la nature, sciences humaines et sociales) et des acteurs en charge de la gestion des récifs et lagons, cet ouvrage présente l’état des connaissances les plus actuelles sur les récifs coralliens de Nouvelle-Calédonie. Il permet d’appréhender l’extraordinaire diversité de ces milieux en lien avec l’histoire de l’environnement marin, ainsi que la complexité des relations entre les différents organismes qui les composent. Il accorde également une large place à la manière dont ces écosystèmes offrent aux populations des ressources essentielles et constituent l’un des socles de la culture kanak. Enfin, il interroge la capacité de résilience de ces milieux très vulnérables face aux changements environnementaux globaux et présente les dispositifs mis en place pour leur protection.

" Les récifs coralliens à l’honneur" : un dossier thématique web

L’IRD vous invite à consulter le dossier thématique "Les récifs coralliens à l’honneur" : www.ird.fr/recifs-coralliens

Retrouvez dans cet espace toutes les ressources de l’IRD : dernières actualités scientifiques, sélection de photographies et de films, dossiers à relire, agenda !