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Le travail au défi du numérique : pour le meilleur ou pour le pire ?

Par Marina Julienne le mer 27/5/15 - 10:10

Les technologies de l’information et de la communication sont censées améliorer la communication dans l’entreprise, favoriser le télétravail, permettre une individualisation des parcours, et émanciper les humains des tâches les plus pénibles et asservissantes qui seraient assurées entre autres par des robots. Qu’en est-il ? Quelles sont les mutations profondes induites par le numérique dans le travail ? Comment se transforment les relations entre les individus et leurs employeurs, les lieux de travail, les carrières ? Jusqu'où les automates et les algorithmes peuvent-ils nous remplacer ? À distance des exigences imposées par le marché et les grandes organisations, le succès des ateliers de fabrication numérique et des pratiques collaboratives reflète t-il une vague de fond ?

  • Jacques-François Marchandise est le cofondateur et directeur de la recherche et de la prospective de la Fing (Fondation internet nouvelle génération), think-tank de référence sur les transformations numériques. Il co-préside (avec Milad Doueihi) la Chaire de recherche « L’humain au défi du numérique », au Collège des Bernardins.
  • Anca Boboc est sociologue, chercheur à Orange Labs, spécialisée sur les usages du numérique en entreprise. Elle pointera quelques transformations du monde du travail, en lien avec l’essor du numérique (comme, par exemple, la complexification des modes de management, les questions liées à la frontière entre sphère privée et professionnelle…).

Compte-rendu

Ce petit déjeuner était exceptionnellement organisé en association avec le Collège des Bernardins, qui consacre sa Chaire de recherche, pour la période 2015-2017, à une réflexion associant des chercheurs et des praticiens du Numérique d’une part, des philosophes, théologiens, sociologues, économistes d’autre part, pour étudier les principaux impacts sur l’Homme et la société  de cette culture numérique et élaborer  une réflexion qui permette de concevoir le développement des technologies numériques comme un progrès pour l’homme, et non comme un risque de négation de son humanité.

Comme l’a rappelé Jacques-François Marchandise, co-président de cette Chaire de recherche « L’humain au défi du numérique » et directeur de la recherche et de la prospective de la Fing (Fondation internet nouvelle génération http://fing.org/), think-tank de référence sur les transformations numériques, « les technologies de l’information et de la communication sont censées améliorer la communication dans l’entreprise, favoriser le télétravail, permettre une individualisation des parcours, et émanciper les humains des tâches les plus pénibles et asservissantes qui seraient assurées entre autres par des robots ». Qu’en est-il ? Jusqu'où les automates et les algorithmes peuvent-ils nous remplacer ?  Pas de réponse simple à ces questions, car  « l’informatique créé à la fois de l’ordre et du désordre, du pouvoir et de la démocratie, de la liberté et de la contrainte », souligne JF Marchandise. Il faut donc  prendre garde  à ne pas attribuer une causalité numérique à toutes les évolutions, même si  le levier du numérique est incontestablement très puissant.

Mêmes remarques du côté d’Anca Boboc, sociologue et  chercheur à Orange Labs, le laboratoire de recherche de l’entreprise Orange, spécialisé sur les usages du numérique en entreprise.

De nombreuses enquêtes quantitatives et qualitatives sont menées par ce laboratoire, notamment  sur la place du digital dans la formation professionnelle, les réseaux sociaux d’entreprise, les questions liées à la frontière entre sphère privée et professionnelle, etc. Ces enquêtes permettent de contrecarrer un certain nombre d’idées reçues. Par exemple, la rupture n’est pas aussi importante que ce que l’on croit entre les jeunes et les moins jeunes pour l’usage des nouvelles technologies de communication. Et dépendent plus du type d’activité des personnes en question (salariée ou non, dans une entreprise plus ou moins high-tech) que de leur âge. Contre intuitive également l’idée que c’est dans les métiers ultra technologiques que l’on a le plus recours aux outils robotisés. Les agriculteurs par exemple sont extrêmement bien équipés en outils numériques et informatiques.

N’hésitez pas donc à contacter ces chercheurs si vous travaillez sur ces thématiques : 

Le travail au défi du numérique : pour le meilleur ou pour le pire ?

Mardi 19 Mai 2015 9:00
Collège des Bernardins
20 Rue de Poissy
75005 Paris