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Questionnaire à l’intention des candidats à la Présidentielle 2017

Par l' AJSPI le lun 16/1/17 - 11:40

L'AJSPI est attachée à ce que l'enseignement supérieur, la recherche et l'innovation fassent pleinement partie du débat suscité par les prochaines élections présidentielles. Afin de favoriser cet objectif, et comme nous l'avions déjà fait en 2012, nous avons décidé de soumettre aux candidats une liste de questions, certes limitée mais pensons-nous susceptible de permettre à chaque candidat d'exposer les principales analyses et propositions qu'il compte faire sur ce sujet. Ce questionnaire, disponible ci-dessous, a été envoyé à François Fillon, Manuel Valls, Yannick Jadot, Jean-Luc Mélenchon, Arnaud Montebourg, François de Rugy, Benoit Hamon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron, Sylvia Pinel, Vincent Peillon et Jean-Luc Bennahmias. Nous vous tiendrons au courant des réponses lorsqu'elles nous parviendront. N'hésitez pas à relayer cette information autour de vous, et à interpeler les candidats sur les réseaux sociaux !

Le questionnaire

Politique de recherche

1. Le traité de Lisbonne de 2009 fixait comme priorité l’objectif de consacrer 3 % du PIB européen à la recherche à l’horizon 2020. Cet effort n’est que de 2,25 % (dont 64 % effectués par les entreprises) contre 2,9 % pour nos voisins allemands. Quel objectif vous fixez-vous, et en quelles proportions pour la recherche publique en part de réalisation d’ici 2022 ?

2. Lors des 5 dernières années, la réforme de l’ESR n’a pas été remise en cause. L’autonomie des universités a montré leurs difficultés financières et n’a pas permis plus de visibilité pour les équipes de recherche qu’elles abritent. Le débat sur la sélection à l’entrée ou au cours du cycle universitaire n’a pas non plus été porté devant les citoyens. Comment donner plus d’attrait à nos universités ?

3. Est-il toujours pertinent selon vous de pousser tous les jeunes à faire des études universitaires ?

4. La France produit actuellement un peu plus de 12 000 docteurs es sciences par an, dont environ un quart d’étudiants étrangers, un chiffre stagnant depuis près de 20 ans. Voulez-vous, durant votre quinquennat, maintenir ou augmenter ce chiffre ? À combien doivent se chiffrer le nombre et le montant des contrats de doctorants financés par l’État ?

5. Avec un peu plus de 250 000 chercheurs, la France se classe 8e mondiale, loin derrière la Chine, les États-Unis et le Japon. Il y a 20 % de précaires dans les EPST et les départs en retraite se font de plus en plus tard. Comment comptez-vous changer cette situation décourageante pour ceux qui se destineraient à la recherche ?

6. François Hollande, candidat, avait promis de réformer le Crédit d’impôt recherche (CIR) afin d’en faire « un outil plus incitatif et de limiter les effets d’aubaine ». 5 ans plus tard, le CIR atteint les 6 milliards d’euros par an et les PME n’en bénéficient pas plus qu’auparavant. Pensez-vous que ce dispositif fiscal soit un levier pour financer la recherche et embaucher les docteurs ? Estimez-vous que cette niche fiscale doive perdurer ? Trouvez-vous normal que grâce au CIR, des très grands groupes du CAC 40 n’acquittent pas d’impôts en France ?

7. Comment rendre plus efficace le soutien public dont l’innovation a besoin ? Considérez-vous qu’il faille réorienter la recherche publique vers les besoins économiques immédiats, ceux des entreprises, au détriment de la recherche fondamentale ?

Science et société

8. En matière de recherche, y a-t-il des thématiques que vous souhaiteriez soutenir en priorité ? Si oui, lesquelles ?

9. La société s’est interrogée sur la pertinence de la mise en œuvre d’innovations comportant des risques. Mettrez-vous en œuvre des réglementations plus ou moins strictes – et si oui jusqu’où – dans les domaines suivants :

  • les nanotechnologies
  • les techniques de réécriture du génome (Crispr Cas 9)
  • les pesticides
  • les vaccins
  • les gaz de schistes
  • le nucléaire
  • les perturbateurs endocriniens.

10. Comment la France pourra-t-elle garder l’expertise scientifique et le poids nécessaire pour défendre ses points de vue ?

11. Le principe de précaution, inscrit dans la constitution sous la présidence de Jacques Chirac, notamment suite aux scandales de la vache folle et du sang contaminé, doit-il être remis en question ?

12. Considérez-vous qu’il y a débat sur la responsabilité humaine dans le changement climatique ?

13. Le regain de climatoscepticisme aux États-Unis et pour partie en France vous inquiète-t-il ?

14. Quelle sera votre stratégie pour tenir les engagements de l’Accord de Paris ?

15. Outre les questions d’énergie et de changement climatique, la science nous alerte sur la dégradation de notre environnement : déclin de la biodiversité, appauvrissement des sols, contamination de la chaîne alimentaire par les produits phytosanitaires et industriels, pollution des eaux… Quel est votre programme pour répondre à ces enjeux de société ?